L’intérêt des analyses biologiques fonctionnelles et nutritionnelles : un regard affûté sur votre santé
Bilans biologiques fonctionnels : un levier essentiel pour détecter et prévenir les déséquilibres de santé invisibles
Dans un monde où les bilans sanguins "classiques" finissent trop souvent par conclure à un banal « tout est normal », les analyses biologiques fonctionnelles et nutritionnelles offrent une perspective bien plus fine. Elles s’adressent à ceux qui veulent comprendre, anticiper, personnaliser... Bref, à ceux qui ne se contentent plus de la « surface ».
Pourquoi sont-elles si précieuses ? Parce qu’elles nous permettent de mieux saisir les déséquilibres subtils mais impactants qui influencent notre vitalité, notre digestion, notre humeur, notre immunité… et parfois tout ça à la fois.
Elles s’inscrivent dans une démarche de prévention santé, si vous êtes soucieux(se) de bien vivre et de poursuivre en santé (dans ce cas mon meilleur conseil est de poursuivre vos routines quotidiennes !) ou si votre corps est déjà en souffrance ou si votre terrain est déséquilibré.
On est sur des bilan de terrain 2.0.
Voici un aperçu d’un de mes outils favoris : l’investigation biologique !
Les analyses biologiques ci-dessous font parties de celles que je recommande régulièrement, car elles apportent des réponses concrètes, elles confirment certaines de mes hypothèses et parfois même... nous révèlent des surprises instructives !
Elles se font pour la plupart dans des laboratoires spécialisés en micronutrition, ne sont pas remboursées sur ordonnance médicale (sauf le HOMA) et franchement, c’est bien dommage, car, corrélées à la clinique (symptômes, plaintes de la personne) on apprend tellement de choses pertinentes via les analyses fonctionnelles et micronutritionnelles !!
Bien entendu, derrière chacune de ces analyses, pour autant qu’elle nous révèle des déséquilibres voir des dysfonctionnement, se dresse tout un plan d’action personnalisé que nous abordons ensuite en séance, via l’assiette ciblée, la supplémentation orale, des conseils sur-mesure en hygiène de vie voire même de la phytothérapie si besoin.
1. Acides Gras Érythrocytaires (AGE) : les lipides à la loupe
L’analyse des AGE (Acides Gras Erythrocytaires) est une analyse nutritionnelle qui permet d’évaluer la composition lipidique des membranes de vos globules rouges, témoin de la composition des membranes de l’ensemble de vos cellules (y compris vos neurones!!). Dit comme ça, on dirait un truc de laboratoire très pointu (et c’est bien le cas !!). Mais dans la pratique, c’est un outil précieux qui met en lumière votre terrain cardiovasculaire et inflammatoire. Il raconte l’histoire de vos assiettes sur les quatre derniers mois : excès de fromages, viandes transformées, sucres ou produits industriels… mais aussi tous les bons apports à conserver pour votre santé.

➕ Ce que ça permet d’évaluer :
- Les proportions de plus de 15 acides gras du corps (acides gras saturés, acides gras trans industriels, les acides gras poly-insaturés..)
- La qualité des apports lipidiques sur les 3 à 4 derniers mois (les globules rouges se renouvelant tous les 120 jours)
- Le ratio oméga-6 / oméga-3 (trop souvent déséquilibré dans nos assiettes modernes)
- L’état inflammatoire de fond (normo, pro ou anti-inflammatoire)
- Le lien potentiel avec des troubles cognitifs, cardiovasculaires, cutanés, ostéoarticulaires, une dysimmunité (ex : troubles ORL, terrain asthmatique..)
Petite anecdote
Un cerveau bien huilé, ce n’est pas qu’une image ! Il est littéralement composé de graisses. Encore faut-il qu’elles soient de bonne qualité…et bien absorbées !
Cas patient : un rendu graphique des AGE (prise de sang)

Cette analyse, proposée à une personne souffrant de rhumatismes et d’arthrose sévère, révèle un déséquilibre marqué :
- manque d’oméga 3 marins et végétaux
- déficit en GLA (un oméga 6 anti-inflammatoire qu’on trouve dans l’huile de bourrache..)
- excès d’acides gras trans (ex : huile d’olive trop chauffée, ou trop de produits industriels)
- un rapport AA/EPA très élevé, signe d’un terrain inflammatoire actif
Ce profil entretient l’inflammation et peut aggraver douleurs et usure articulaire. L’intérêt de ce bilan est de cibler précisément les corrections à apporter (plus de « bons gras », moins de mauvais) et de suivre dans le temps l’efficacité des ajustements alimentaires et micronutritionnels, pour réduire l’inflammation de fond, améliorer la qualité de vie et protéger la santé globale.
2. Biologie du stress : cortisol et DHEA salivaires, le duo de l’axe surrénalien
Le stress n’est pas qu’un ressenti subjectif. Il laisse des traces biologiques bien mesurables, notamment via le cortisol (connu aussi comme la diabolique « hormone du stress ») et la DHEA (son alter ego régénératrice). En les dosant dans la salive à des moments stratégiques de la journée, on obtient une courbe dynamique du cortisol... et parfois, des révélations sur l’origine d’une fatigue persistante, d’un sommeil chaotique ou encore d’un épuisement global (le fameux effondrement surrénalien appelé burn out).

Pourquoi dosage salivaire ?
- Parce que c’est non invasif (adieu les prises de sang à jeun)
- Parce que ça reflète la forme libre et active des hormones
- Et surtout, parce que cela permet d’observer le rythme circadien du cortisol, et non une photo figée à 10h du matin
Indications fréquentes :
- Fatigue chronique ou sensation d’épuisement global (« sensation de ne jamais récupérer » ou encore une « incapacité à faire face à tout stress »)
- Stress prolongé, anxiété, irritabilité
- Besoin de café/sucre pour « tenir »
- Troubles du sommeil (réveils nocturnes, difficultés d’endormissements, insomnies…)
- Prise de poids abdominale ou difficulté à maigrir malgré les efforts
- Baisse de la motivation, de la libido
- Humeur dépressive sans cause évidente
- Suivi post burn out ou après un choc/stress intense
- Déséquilibres hormono (thyroïde, SOPK, troubles menstruels, infertilité..)
Une fatigue chronique avec un cortisol « plat » au réveil ? Ce n’est pas de la paresse… et non, ce n’est pas juste « dans votre tête » non plus comme certains vous le diront. C’est votre physiologie qui tire la sonnette d’alarme. Vos surrénales ne sont peut-être pas en burn-out complet, mais clairement en sous-effectif !
Certains médecins vous prescriraient un antidépresseur, alors qu’il faudrait peut-être regarder du côté de vos hormones du stress avant de tirer des conclusions hâtives.
Cas patient : un résultat de biologie du stress (recueils salivaires)

Le CAR (Cortisol Awakening Response), qui mesure la capacité des surrénales à produire du cortisol au réveil, est très bas chez cette personne (-66 %), indiquant un démarrage difficile le matin et un début d’épuisement surrénalien.
La DHEA, hormone qui protège naturellement contre le stress, est également insuffisante, ce qui montre que les mécanismes de compensation de l’organisme sont dépassés.
Pour rétablir l’équilibre, les axes de prise en charge de cette personne reposent sur plusieurs points :
- Alimentation : privilégier les bonnes graisses, adopter une alimentation chronobiologique pour booster les neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine), aliments riches en micronutriments anti-stress ou intervenant dans la régulation du système nerveux (magnésium, zinc, vitamines B..)
- Compléments alimentaires / phyto : plantes adaptogènes, magnésium, oméga‑3, vitamines
- Hygiène de vie : rythme de sommeil régulier, exercice modéré, techniques de gestion du stress (respiration, méditation, cohérence cardiaque, soutien psycho émotionnel..)
Cette approche vise à soutenir les surrénales, améliorer le CAR et la DHEA, réduire la fatigue et protéger la santé globale.
3. DMI (Dysbiose Mycose Intestinale) : quand tout commence dans l’intestin… mais pas seulement !
Le microbiote intestinal, ou flore intestinale, n’est plus à présenter. Mais encore faut-il savoir ce qu’il s’y passe réellement. Le test urinaire du DMI permet une cartographie complète et fonctionnelle de cet écosystème invisible à partir des « déchets » (des métabolites) produits par l’activité des bactéries et des levures dans l’intestin.
Ainsi, on explore certains déséquilibres du microbiote intestinal, en particulier les proliférations bactériennes excessives, mais bien d’autres.

Il permet d’évaluer l’équilibre entre la flore intestinale bénéfique et les micro-organismes opportunistes, ainsi que de détecter une éventuelle surabondance de bactéries ou de levures pathogènes (ex: Candida albicans).
Ces observations peuvent indiquer un déséquilibre du microbiote intestinal, appelé dysbiose.
Il peut également mettre en évidence des signes d’inflammation, une hyperperméabilité intestinale, une suspicion d’intolérances alimentaires (ex: lactose) ou encore un dysfonctionnement des capacités de détoxication du foie.
Pourquoi le faire ?
- Troubles digestifs chroniques (ballonnements, douleurs, troubles du transit, gaz malodorants..)
- Intolérances alimentaires (lactose, FODMAPS..) ou hypersensibilités immunitaires alimentaires (gluten..)
- Baisse d’immunité, infections à répétition
- Fatigue persistante, brouillard mental, troubles de la concentration
- Infections à répétition (ORL, urinaire, mycoses vaginale/génitales..)
- Envies irrépressibles de sucre ou de grignotage
- Troubles cutanés (eczéma, urticaire..) ou douleurs ostéo articulaires
- Prise prolongée d’antiacides (IPP), d’antibiotiques, de corticoïdes
En bref
Si vous vous sentez constamment ballonné, fatigué, irritable, avec des envies de sucre qui frôlent l’obsession… et que vos pets pourraient faire fuir un troupeau de bisons (!), il est peut-être temps de jeter un œil à ce qui se passe du côté de vos intestins. Parce que non, ce n’est ni "normal", ni juste une mauvaise digestion : parfois, ce sont vos levures et bactéries qui font la fête… sans vous avoir demandé la permission.
Cas patient : un résultat de DMI (recueil urinaire)

Cette analyse biologique a permis de confirmer mon hypothèse de candidose digestive chez cette personne, qui présentait beaucoup de signes cliniques lors de nos échanges.
On voir ici clairement une prolifération fongique excessive (sur le module fongique) en faveur d’un Candida Albicans.
La prise en charge repose sur le rétablissement de l’eubiose (retour à l’équilibre du microbiote) en restaurant la fonction digestive de cette personne, la barrière intestinale, éliminer les pathogènes (candida)
4. Le HOMA test (Homeostasis Model Assessment)
Le HOMA test permet d’évaluer si vous présentez une insulinorésistance (IR), c’est-à-dire un trouble précoce du métabolisme du glucose.
Il repose sur une simple prise de sang à jeun (12 heures sans grignoter, même pas une amande ), à partir de deux paramètres : glycémie et insulinémie, pour calculer un indice (le score de HOMA). Celui-ci permet d’identifier un déséquilibre souvent invisible sur les bilans classiques.
En effet, on peut avoir une glycémie parfaite (dans la norme du labo) et avoir une insulinorésistance !

Qu’est-ce que l’insulinorésistance ?
L’insuline est une hormone produite par le pancréas. Elle agit comme une clé qui permet au sucre (glucose) de quitter le sang pour entrer dans les cellules, où il est utilisé comme source d’énergie.
Quand les cellules deviennent moins sensibles à cette insuline, le glucose reste plus longtemps dans la circulation sanguine. Pour compenser, le pancréas augmente la production d’insuline, entraînant un hyperinsulinisme chronique.
C’est ce qu’on appelle l’insulinorésistance, un déséquilibre fréquent mais souvent silencieux, en particulier chez les personnes ayant :
- un surpoids, notamment abdominal
- une fatigue, des "coups de pompe" en journée
- des fringales/compulsions sucrées
- de l'acné
- un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques)
- des antécédents familiaux de diabète
Bonne nouvelle : une phase encore réversible !
Oui oui, l’insulinorésistance est réversible, si elle est détectée à temps !!
Avec une prise en charge adaptée (activité physique, alimentation équilibrée et chronobiologique, gestion du stress...), il est tout à fait possible de rétablir une bonne sensibilité à l’insuline et de prévenir l’évolution vers des troubles plus avancés.
Et si elle n’est pas corrigée ?
Si l’insulinorésistance s’installe dans la durée, elle peut évoluer vers un prédiabète, défini par une glycémie légèrement trop élevée (entre 1,10 et 1,25 g/L à jeun). C’est une étape intermédiaire, souvent encore sans symptômes, mais le risque de développer un diabète de type 2 devient plus concret.
Le pré-diabète est-il réversible ?
Le prédiabète est lui aussi réversible, à condition d’agir rapidement. De nombreuses études montrent qu’un changement de mode de vie permet de ramener la glycémie à la normale dans une majorité des cas. Passé ce stade, si aucune action n’est entreprise, le risque est l’apparition d’un diabète de type 2, plus difficile à inverser.
Bref, le HOMA, c’est un peu comme un radar précoce : il repère les embouteillages d’insuline avant même que la glycémie ne fasse des excès de vitesse.
Il ne remplace pas le dépistage officiel du prédiabète ou du diabète, que seul votre médecin peut poser (avec deux prises de sang à jeun).
Il vous donne une longueur d’avance, pour freiner avant que ça ne dérape.
Cas patient : un résultat d’un HOMA (prise de sang 12H à jeun)

Ici, le HOMA de cette personne nous alerte : sa glycémie est normale (0,9 g/L)… mais déjà une insulinorésistance avec un HOMA >2,4 (les cellules résistent à l’insuline, le pancréas surproduit de l’insuline pour compenser).
Les coupables mis en évidence : un stress chronique mal géré, des excès de sucres rapides / aliments à charge glycémique élevée, des carences en magnésium et en zinc.
Le déclic : la personne a compris qu’elle glissait vers un prédiabète (voire un diabète…) et qu’il est encore temps d’inverser la tendance !
Le plan d’action : assiette équilibrée, compléments ciblés, hygiène de vie, technique de gestion du stress.
L’insulino-résistance est invisible mais très impactante. Elle peut être reconnue précocement et corrigée durablement avec des ajustements ciblés et personnalisés.
En tant que Diététicienne-Nutritionniste et Nutrithérapeute, je peux vous aider à faire le tri et à mieux comprendre ce qui se cache derrière les étiquettes.
Envie d’y voir plus clair dans vos choix alimentaires ?
En résumé : des analyses qui donnent du sens…et des solutions concrètes !
Les analyses fonctionnelles et nutritionnelles ne remplacent pas les bilans classiques : elles les complètent intelligemment. Elles permettent d’aller plus loin, d’intervenir plus tôt, et surtout d’ajuster les réponses au plus près de vos besoins, là où les prises de sang classiques peuvent parfois rester trop générales.
L’objectif ? Comprendre avant de corriger, et surtout personnaliser : car non, une solution "taille unique" ne convient pas à un corps unique. Et on ne règle pas des années de fatigue chronique avec une tisane et deux gélules miracles (même si on aimerait bien...).
Que vous soyez en mode prévention, ou que votre corps commence à vous envoyer des signaux un peu étranges, répétitifs, voire carrément tonitruants (oui, ce fameux « tintement d’alarme » que l’on préfère parfois ignorer), ces analyses peuvent vraiment vous aider à faire le point et avancer vers un mieux-être durable.
Parce que, soyons honnêtes, prendre un médicament sans que personne ne cherche vraiment d’où vient le souci, c’est un peu comme coller un pansement sur une fuite d’eau : ça masque le problème, mais ça ne le règle pas.
Si une solution rapide vous est proposée sans que l’on prenne le temps d’écouter votre vécu, d’explorer la cause profonde ou d’observer le contexte global, passer votre chemin !
Et non, parfois ce n’est pas juste une question de « manger 5 fruits et légumes par jour », ou d’une simple « cure de magnésium » (même si c’est déjà un bon début !), ou de « stress passager ». Votre corps a souvent bien plus à dire… à condition qu’on prenne le temps de l’écouter.
En tant que Diététicienne-Nutritionniste et Nutrithérapeute, je peux vous aider à faire le tri et à mieux comprendre ce qui se cache derrière les étiquettes.
Envie d’y voir plus clair dans vos choix alimentaires ?